IDENTITÉ VISUELLE TRANS 2015

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« You’re Next » (1979) fait partie de la série « Inscapes » (Paysages Intérieurs) du peintre Mati Klarwein. ©Adagp

Mati Klarwein
m_klarweinMati Klarwein nait à Hambourg en 1932, sa famille fuit le nazisme et s’établit en Palestine où il grandit dans les 3 cultures : juive, chrétienne et musulmane, détaché de toute orthodoxie. En 1950, élève de Fernand Léger à Paris, Mati Klarwein découvre le Surréalisme, Salvador Dali , Bunuel (un chien Andalou), Boris Vian et le Jazz, et côtoie les Existentialistes. Le peintre Ernst Fuchs l’initie à l’ancienne « Mischteknik » des Maitres Flamands.
Citoyen du monde, Mati Klarwein voyage intensément dés 1956, en inventoriant la palette des coutumes et croyances humaines. Il s’installe à New York en 1964, y expose l’Aleph Sanctuary, une chapelle cubique “portable” composée de 78 panneaux peints dont « Crucifixion”, qui fait scandale et“Annunciation » qui illustrera la pochette de l’album « Abraxas »de Santana.
Son art, transcendental et baroque, au carrefour de multiples influences, reflète une vision multiculturelle du monde qui attire l’attention des musiciens et artistes novateurs de la scène new yorkaise et le fait connaitre (Warhol, Hendrix, Miles Davis, Jerry Garcia).
Acteur influent de la Contre-culture, en 1970, il illustre l’album »Bitches Brew » de Miles Davis, « Abraxas » de Santana, puis Gregg Almann, The Last Poets, Malcolm X, Earth Wind and Fire, Hendrix, Buddy Miles, Eric Dolphy, the Chambers Brothers, Jon Hassell, entre autres – et portraiture « la Cour »de son époque.

Mati Klarwein peint inlassablement, armé d’un pinceau double zéro, au rythme de musiques afrocubaines, de jazz, de funk, ponctuant son travail de solos de congas, invoquant une liberté d’expression artistique libérée de toute contrainte.

Son style évolue, il s’établit à Majorque en 80 où gravite une fertile communauté artistique (Kevin Ayers, Robert Graves, Daevid Allen) et peint une série de « paysages intérieurs » ou « cartographies mentales » qui illustrent les albums du trompettiste Jon Hassel ; il améliore avec humour et provocation d’improbables tableaux chinés aux Puces, assimilant sa démarche à un «remix» visuel, ou expérimente musicalement sur un album de spoken word avec Per Terjnberg (No man’s Land 1997).
Il s’éteint à Deya en 2002 en laissant un testament visionnaire de 700 oeuvres.

Mati Klarwein a capturé l’esprit de toute une génération de musiciens et produit certaines des oeuvres les plus emblématiques des années 60-70.
Esprit libre, artiste atypique, il est en cela, dans son domaine, comparable au compositeur américain Moondog.
Son génie intemporel et sa personnalité singulière en font une référence artistique majeure.

http://www.matiklarweinart.com/